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PréventionCourse au féminin : cycle, énergie et RED-S, ce qu'il faut savoir
Comprendre l'influence du cycle menstruel sur l'entraînement, ce qu'est le déficit énergétique relatif dans le sport, ses signaux d'alerte, et pourquoi manger à sa faim est une priorité de performance.
La course à pied se conjugue au féminin depuis longtemps, mais l'entraînement, lui, a longtemps été pensé sur des modèles masculins. Or il y a des réalités physiologiques propres aux coureuses qu'il vaut mieux comprendre, non pas pour se limiter, mais pour s'entraîner plus intelligemment et durer.
Ce sujet touche à la santé, alors soyons clairs d'emblée : cet article donne des repères pour comprendre et rester vigilante. Il ne remplace jamais l'avis d'un professionnel de santé, et certains signaux, on le verra, imposent d'aller consulter.
Le cycle menstruel et l'entraînement
Le cycle menstruel modifie l'environnement hormonal au fil des semaines, et cela peut se ressentir à l'entraînement. Les repères classiques distinguent deux grandes phases.
En phase folliculaire, la première moitié du cycle, certaines coureuses se sentent en meilleure forme sur les efforts de force et de puissance. En phase lutéale, la seconde moitié, on observe souvent une fréquence cardiaque un peu plus haute, de l'ordre de 3 à 5 battements de plus, une température corporelle légèrement supérieure, et parfois une fatigue plus marquée.
Mais un point mérite d'être martelé : ces effets sont très variables d'une personne à l'autre, et il n'existe pas de plan d'entraînement universel calé sur le cycle qui soit validé. Certaines placeront volontiers leurs séances les plus exigeantes en première partie de cycle si elles s'y sentent mieux, mais cela reste une personnalisation, pas une règle. Ta meilleure donnée, ce sont tes propres sensations, notées dans la durée.
Ton corps n'est pas une moyenne statistique. Sur le cycle, écouter tes sensations vaut mieux que suivre un protocole rigide.
Le vrai enjeu : manger assez
Derrière la performance et la santé de la coureuse se cache une notion centrale, la disponibilité énergétique. L'idée est simple : c'est l'énergie qu'il te reste pour faire tourner ton corps une fois retirée l'énergie dépensée à l'entraînement. Si tu manges trop peu par rapport à ce que tu dépenses, il ne reste pas assez pour les fonctions vitales.
Quand ce déficit s'installe dans la durée, on parle de RED-S, le déficit énergétique relatif dans le sport. C'est un cadre reconnu au plus haut niveau, et il concerne autant les hommes que les femmes. Le problème n'est pas un régime ponctuel, mais un manque chronique d'énergie.
Reconnaître les signaux d'alerte
Le déficit énergétique chronique ne se voit pas toujours, mais il laisse des traces. Voici les signaux qui doivent alerter, chez toi ou chez une personne que tu accompagnes.
- La perte des règles de plus de trois mois. Ce n'est pas une conséquence normale de l'entraînement, c'est un signal fort.
- Des fractures de fatigue répétées, signe d'une santé osseuse fragilisée.
- Une performance qui plafonne ou recule malgré un entraînement sérieux.
- Une fatigue chronique, des troubles du sommeil, des infections à répétition.
- Un comportement alimentaire restrictif qui s'installe : sauter des repas, éviter des groupes d'aliments, une peur de manger.
- Une perte de poids non voulue, ou au contraire recherchée de façon excessive.
Sur la durée, un tel déficit dégrade la densité osseuse, perturbe les hormones, affaiblit l'immunité, pèse sur le moral, et finit par faire reculer la performance. C'est tout le paradoxe : trop se restreindre pour aller plus vite mène exactement à l'inverse.
La bonne attitude
Si tu te reconnais dans ces signaux, ou si tu accompagnes quelqu'un qui les présente, la marche à suivre est claire et tient en peu de mots.
D'abord, ne pas minimiser, et ne pas jouer au médecin. Ces situations se prennent au sérieux, mais elles se traitent avec des professionnels : un médecin du sport, un diététicien spécialisé, et un psychologue si le rapport à l'alimentation est en jeu.
Ensuite, sur le versant entraînement, la réponse n'est jamais d'en faire plus. Au contraire, on réduit la charge et on redonne au corps l'énergie qui lui manque. Et surtout, on ne pousse jamais à perdre du poids dans l'espoir d'aller plus vite.
Courir au féminin, ce n'est pas courir avec un handicap. C'est courir en connaissant son corps, en le nourrissant à hauteur de ce qu'il donne, et en écoutant les signaux qu'il envoie. C'est comme ça qu'on progresse longtemps, et en bonne santé.
Questions fréquentes
Le cycle menstruel influence-t-il la performance en course ?
Il peut avoir des effets, mais ils sont très individuels. En phase lutéale, la seconde moitié du cycle, on observe souvent une fréquence cardiaque un peu plus élevée, une température corporelle légèrement supérieure et parfois une fatigue plus marquée. Il n'existe pas de plan universel calé sur le cycle : l'écoute de tes propres sensations reste le meilleur guide.
C'est quoi le RED-S ?
Le RED-S, déficit énergétique relatif dans le sport, désigne l'ensemble des troubles qui apparaissent quand un sportif ne mange pas assez par rapport à ce qu'il dépense, sur la durée. Il concerne les femmes comme les hommes et touche les os, les hormones, l'immunité, l'humeur et, paradoxalement, la performance elle-même.
La perte des règles chez une coureuse est-elle normale ?
Non, ce n'est pas une conséquence normale de l'entraînement, même intense. Une absence de règles de plus de trois mois est un signal d'alerte important, souvent lié à un déficit énergétique. Elle mérite d'en parler à un médecin du sport, ce n'est pas un simple effet secondaire à ignorer.
Faut-il perdre du poids pour courir plus vite ?
Chercher à maigrir pour aller plus vite est une logique dangereuse. Un déficit énergétique chronique finit par dégrader la santé osseuse, les hormones et la performance. Un coach sérieux n'encourage jamais une perte de poids dans ce but et oriente vers des professionnels si le sujet devient préoccupant.
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